Hors normes : L'autre visage de l'autisme enfin dévoilé


Pour la première fois au cinéma...

Un autisme sévère et violent : 

Le film : "hors normes" de Eric TOLEDANO et Olivier NAKACHE porte bien son nom. Il s'agit en effet d'un film qui ne se situe pas dans la norme de ce qui se fait usuellement sur le sujet. Pour la première fois au cinéma, le grand public se prend en pleine poire la face cachée de l'autisme, celle qui n'est pas géniale et fascinante mais qui désespère les familles et professionnels. Pour la première fois au cinéma, on nous montre qu'on ne sait pas quoi faire de cet autisme sévère qui se frappe la tête contre les murs. On nous montre que leurs troubles violents et parfois irascibles font peur à bon nombre d'institutions qui préfèrent ne pas se charger de cette trop lourde réalité, laissant encore une fois les familles démunies.

Alors cet autisme "des égouts" pardonnez-nous l'expression, souffre forcément d'un manque de moyens criant qui ne fait qu'aggraver son cas. Des institutions sans agréments font le job comme elles peuvent :

- avec des éducateurs qui n'en sont pas vraiment mais qui apprennent à le devenir,

- avec un système D de tous les instants qui flirte parfois avec le drame.


N'est-il pas étonnant que ces autistes agités pour lesquels il faudrait "le plus de moyens et le plus de sécurité", soient en réalité ceux pour lesquels on donne le moins?

Un manque criant :

Le moins d'argent : Comme le film nous le montre, faire une prise en charge en 1 pour 1, trouver des murs sans voisins pour héberger ces autistes bruyants, leur fournir le matériel et les activités adaptés, coûte très cher. Et malheureusement, les subventions sont bien en deçà de ce qu'elles devraient être.

Le moins d'attention et de temps : Un autiste sévère est d'abord perçu comme une charge pour un employeur soucieux de sa productivité. Il est perçu comme une charge pour toute personne n'étant pas prête à donner de son temps pour répondre aux nombreuses sollicitations dont les demandes d'affection, les cris et la violence.

Le moins de qualité : Demandez à un parent combien il lui a fallu attendre et batailler pour que son enfant puisse être pris en charge par une orthophoniste formée à l'outils PECS, et vous pourriez être surpris de la réponse. Alors lorsque l'autiste souffre de troubles du comportement sévères, autant vous dire que les professionnels compétents ne se bousculent pas au portillon pour le prendre en charge.

On ne va donc pas reprocher il me semble, à des structures improvisées de faire ce qu'elles peuvent et d'avoir le mérite de donner l'argent qu'elles n'ont pas, leur attention et tout leur temps?

Le moins de considération : Eh bien si! Comme nous le montre le film, la machine administrative et ses outils législatifs n'ayant bien sûr aucune idée de ce qu'est cet autisme sévère, n'hésitera pas à menacer de fermeture ces établissements au lieu des les aider financièrement. 

Le début d'une longue série?

Espérons alors :

- Que ce thriller humaniste et drôle sur la différence touchera le grand public au point de lui faire prendre conscience de cet autre son de cloche de l'autisme qui a été trop longtemps tu. 

- Que d'autres sons de cloche, sous entendu : "d'autres vérités" verront le jour concernant l'autisme, car il y aurait encore tant à dire sur le sujet.





Jean-Luc ROBERT Psychologue à LezAPe
Psychologue spécialisé dans les Troubles du Spectre Autistique

Auteur du livre : Ma vérité sur l'autisme, Jean-Luc ROBERT, N° ADELI : 779301076, consacre essentiellement sa carrière à l'étude et au traitement des troubles du comportement des enfants, notamment des autistes.


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